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L’oreille de papier

Oreille en papier ambré collée à la vitre d’une laverie à l’aube
Illustration générée par l’IA

Consigne — Raconter à la troisième personne ce qu’une cliente entend en touchant une oreille de papier, dans une laverie à l’aube.

À l’ouverture, la laverie sentait le linge oublié et l’orange. Sur la vitre, quelqu’un avait collé une oreille découpée dans du papier ambré. Mireille essaya de la décoller avec l’ongle. Du côté de la rue, un autobus passa sans bruit. Dans sa paume, en revanche, elle entendit très distinctement tomber une cuillère.

Elle retira sa main. Le bus retrouva son moteur. Elle posa deux doigts sur le lobe de papier. Cette fois, elle entendit un homme demander à quelqu’un de laisser la porte entrouverte. Elle reconnut la voix de son père, et surtout le frottement de ses pantoufles entre deux mots. Il traînait toujours le pied gauche quand il avait sommeil.

Mireille avait apporté les draps de son père dans un sac de courses. Depuis sa mort, elle les lavait le vendredi, en même temps que les siens. Elle n’avait jamais réfléchi à l’endroit où elle les rangerait quand ils seraient propres. D’ordinaire, elle les remettait dans le sac.

Une cliente entra avec un enfant encore en pyjama sous son manteau. Il s’arrêta devant l’oreille et plaqua toute sa joue sur la vitre. Mireille attendit qu’il lui dise ce qu’il entendait. Il resta là un moment, puis se retourna vers sa mère.

— Il y a quelqu’un qui fait la vaisselle.

Mireille ouvrit son sac et sortit le drap du dessus. Elle le tendit à la mère, qui cherchait de quoi essuyer le nez de l’enfant. Puis, pendant que la première machine prenait son eau, elle lui demanda de l’aider à le plier.

Texte généré par l’IA